Principes Directeurs

Par Marie-Claire MICHAUD, initiatrice du projet « Ecole et Famille » depuis 1999, présidente depuis 2015.

Extrait de la « Rencontre départementale valdoisienne de mutualisation d’expériences pour l’inclusion des élèves allophones et l’accompagnement de leurs familles » – 15 janvier 2016, Saint-Ouen L’Aumône – Cadre : projet national soutenu par la DAAEN¹ de 2014 à 2016.

Nous souhaitons partager des outils d’Ecole et Famille comme la présentation de chacun, la représentation des parcours singuliers à l’aide du « Sociogénogramme »², la cartographie des ressources d’un territoire, l’apprentissage d’un courrier invitant à une rencontre de concertation entre les membre d’une une famille et des professionnels mobilisés par leur situation, des comptes-rendus qui circulent et qui mettent au travail, l’établissement de feuilles de route co-construites pour chaque projet.

Notre point de départ : l’intérêt porté par l’activation d’un ou plusieurs membres d’une famille qui mettent au travail un réseau de professionnels et l’attention à la mise en valeur des différentes ressources relationnelles dans chacun des établissements scolaires et territoires.

Nous avons souhaité développer ensemble quelques principes directeurs qui sont reliés aux étayages théoriques de l’Association³ :

Principe d’ouverture

A partir des groupes d’échanges entre parents, jeunes gens et professionnels, il importe d’expérimenter une cartographie du réseau, une mise au travail à partir et grâce à des situations de risques et de vulnérabilité, une mobilisation des équipes pédagogiques ainsi que des équipes à la périphérie de l’école, une volonté et mise en œuvre de l’ouverture au réseau local.

Volonté d’ouvrir nos frontières professionnelles à tous ceux qui sont intéressés à participer : membres des familles et professionnels, sans stigmatiser un public. La présentation d’un projet aux familles d’élèves et l’écoute de leur demande, leurs propositions à propos de la co- construction d’un travail collectif

Principe de réciprocité

l s’agit de rendre visibles les talents des jeunes et de leurs familles afin de prendre en compte les valeurs de l’autre : favoriser l’interconnaissance, travailler sur l’altérité et permettre des échanges constructifs familles-professionnels-bénévoles.

Développer les liens entre les familles et l’école pour les rendre visibles, à l’aide de groupes de Parents-Relais ou bien d’Elèves-relais qui peuvent se constituer ?

Cette volonté de « reliance » et d’échanges transforme les représentations et le sentiment d’isolement.

Principe d’engagement et de participation continue

Toute une communauté, une ville (une Cité Educative) s’implique autour du démarrage de projets : le Réseau est en place, il est volontaire pour travailler ensemble avec l’implication et le soutien des responsables institutionnels, des conseillers pédagogiques, des Programmes de Réussite Éducative, des programmes de soutien à la Parentalité, de l’aide, de la santé, de la culture, des loisirs en lien avec un équipement municipal, les différentes associations…

Importance de la temporalité : accorder du temps, une parole libre, des espaces de rencontres pour retrouver le sens du dialogue et trouver sa place. Importance de développer des valeurs communes.

Principe du partage des responsabilités pour les générations futures

Notre travail transversal est de valoriser les engagements et les postures pour permettre la réussite de l’inclusion de tous les enfants dans notre système scolaire. La question posée reste l’accueil des parents, sachant combien leur attente en termes de réussite est forte, sachant aussi le poids qui pèse sur les épaules des enfants, notamment ceux scolarisés en UPE2A quant à la réussite de l’inclusion des parents : comment et quand reconnaître ces contributions-là ?

Principe d’une attention multidirectionnelle dans le réseau4

Les risques des bouleversements importants lorsqu’un enseignant, un personnel de la Communauté Educative délègue vers un autre professionnel, effectue une clinique du Relais, à partir de la situation d’un enfant avec lequel s’est nouée une relation forte.

Nous favorisons aussi le fait que ce travail collectif puisse, dans certaines situations, ouvrir à un accompagnement clinique, par exemple en thérapie familiale.

Pour conclure, le fait de partir d’un public parfois éloigné de nos normes de scolarité et d’éducation nous permet de faire en sorte de servir le cœur du métier de l’école, d’être étendu à l’ensemble des équipes professionnelles dans et en proximité des établissements.

¹ Direction de l’accueil et de l’accompagnement des étrangers à la nationalité, Ministère de l’Intérieur
² Outil développé par le Dr Lemaire pour illustrer la clinique de concertation (voir www.concertation.net)
³ « Thérapie familiale contextuelle » et son extension dans le travail en réseau, le « Travail thérapeutique de réseau »
4 Dr Ivan Boszormenyi Nagy : la partialité multidirectionnelle en thérapie contextuelle