La dimension politique du secret en thérapie

« En 1890, un homme, que l’on appellera Achille, se présente à la consultation de la Salpetrière.
Il est envoyé par le médecin de la petite ville de province dans laquelle il vit et exerce le métier
d’homme d’affaire. Charcot le reçoit et le confie rapidement au psychiatre Pierre Janet. Achille
présente tous les symptômes de la possession diabolique : il se trouve dans un état d’agitation furieuse,
profère des blasphèmes, parle tantôt avec la voix du diable, tantôt avec la sienne propre. Au cours du
premier entretien, Janet apprend que les symptômes ont éclaté soudainement six mois auparavant,
après que le patient fut rentré d’un court voyage d’affaires. Après avoir essayé plusieurs approches,
Janet réussit à hypnotiser le malade et à lui faire raconter l’histoire de sa maladie : Achille révèle que
pendant ce voyage d’affaires, il avait été infidèle à sa femme, avait ensuite essayé d’oublier cet
incident mais avait été envahi par la culpabilité et la peur d’être damné ; c’est alors, que, d’un coup, il
avait été possédé par le démon. La révélation de ce secret conduira lentement Achille vers la guérison
puisqu’elle permettra à Janet de venir à bout de ce qu’il appelle les « idées fixes sub-conscientes » de
son patient. »

 

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